L'essence de l'Atlantique
La cuisine portugaise est souvent associée au riz et au pain, mais si l'on regarde de plus près nos plats les plus emblématiques, on découvre une réalité différente. Prenez la Caldeirada, ce ragoût de poissons variés, ou l'Arroz de Marisco (riz aux fruits de mer). Si l'on enlève le riz ou les pommes de terre, que reste-t-il ? Il reste l'essence même de l'Atlantique : des poissons gorgés de saveur, des crustacés délicats, des tomates juteuses, des poivrons croquants et des herbes fraîches. C'est là que réside la véritable âme de notre cuisine. Le reste n'est qu'un support, souvent superflu.
En me concentrant sur ces plats côtiers purs, j'ai réalisé que les céréales n'étaient pas nécessaires pour créer de la richesse ou de la satisfaction. La mer se suffit à elle-même. Un bouillon de poisson bien réduit, enrichi d'une excellente huile d'olive, apporte une profondeur de goût que aucun féculent ne peut égaler. C'est une cuisine de l'essentiel, où chaque ingrédient a sa place et sa raison d'être. En libérant nos recettes traditionnelles du poids des céréales, nous ne les appauvrissons pas ; nous les clarifions.
La voie de la clarté
Réduire les céréales dans ma cuisine n'a pas été une rupture brutale, mais un allègement naturel, presque une évidence. J'ai commencé par remplacer le riz par davantage de légumes verts ou par des racines plus légères. Et soudain, les saveurs ont commencé à chanter. Le poisson n'était plus étouffé par l'amidon, il pouvait enfin exprimer toute sa finesse. C'est comme si j'avais enlevé un voile qui recouvrait mes plats. La clarté est revenue, tant dans l'assiette que dans mon corps. C'est une redécouverte de la pureté.
Cet allègement a eu un impact immédiat sur mon énergie. Fini la somnolence après le déjeuner, fini la sensation de pesanteur qui dure des heures. Je me sens désormais légère et alerte, prête à affronter ma journée avec enthousiasme. À 35 ans, je réalise que mon corps n'a jamais eu besoin de ces montagnes de glucides pour fonctionner. Il demandait simplement de la qualité, de la densité nutritionnelle et de la fluidité. La cuisine sans céréales est ma réponse à ce besoin de clarté métabolique.
Les compagnons fidèles
Pour remplacer les céréales, je me suis tournée vers nos légumes côtiers traditionnels : le chou vert, le navet, les blettes, les épinards. Ces légumes, qui poussent souvent à quelques kilomètres de la mer, sont les compagnons fidèles du poisson. Ils apportent la structure, les fibres et les minéraux nécessaires sans jamais alourdir la charge glycémique. Une généreuse portion de chou sauté à l'ail et à l'huile d'olive accompagne parfaitement une dorade grillée. C'est un repas complet, équilibré et profondément satisfaisant.
Ces légumes ont une personnalité propre qui enrichit l'assiette. Ils ne sont pas de simples 'accompagnements', ils sont des partenaires à part entière. En apprenant à les cuisiner avec respect — juste ce qu'il faut de cuisson pour garder leur croquant et leur couleur — on découvre une palette de saveurs infinie. La cuisine côtière sans céréales est une invitation à explorer la richesse du potager en harmonie avec celle de la mer. C'est un mariage de raison et de passion qui nourrit le corps en profondeur.
L'hommage au passé
Revenir à une cuisine sans céréales lourdes, c'est pour moi une manière d'honorer la vraie tradition portugaise. Nos ancêtres, surtout dans les zones côtières pauvres, n'avaient pas toujours accès au riz ou au blé en abondance. Ils survivaient grâce à la mer et à leur petit jardin. Ma cuisine d'aujourd'hui est un écho de cette sagesse de la nécessité, transformée en un choix conscient de santé. Je ne rejette pas mon héritage, je le dépoussière pour en extraire ce qu'il y a de plus vital et de plus durable.
À 35 ans, je suis fière de porter cette vision d'une modernité ancrée dans le sol et le sel. Je veux montrer que l'on peut être profondément Portugaise tout en étant résolument tournée vers une alimentation bas-carb. La mer est notre guide, elle nous enseigne la fluidité et la force. En cuisinant sans céréales, je reste fidèle à cet esprit atlantique qui privilégie le mouvement et la clarté. La table est le lieu où cette tradition se réinvente chaque jour, pour notre plus grand bien.
La mer comme boussole
La cuisine côtière sans céréales est une célébration de l'essence pure, un retour à une santé vibrante et à une énergie inépuisable.
Je vous invite à oser cet allègement. Laissez de côté les féculents habituels et laissez les légumes et le poisson raconter leur histoire. Redécouvrez la force d'une assiette épurée et la joie d'un corps respecté. La mer nous offre tout ce dont nous avons besoin, il suffit d'ouvrir les yeux et de savourer. La clarté vous attend au bout de la fourchette. ¡Bom apetite e viva a pureza!