La vérité vécue
Bien avant que les nutritionnistes ne commencent à parler de 'protéines', de 'lipides' ou de 'macros', les gens de ma côte portugaise vivaient déjà selon ces principes, sans même le savoir. Mon grand-père, quand il partait en mer, ne se demandait pas si son petit-déjeuner était équilibré. Il mangeait ce qui lui donnait la force de ramer et de remonter les filets. Il mangeait du poisson, des oeufs, un peu de fromage, et les légumes du jardin. C'était une vérité vécue, une science de la survie et de la performance qui n'avait pas besoin de mots compliqués pour exister.
Cette sagesse ancestrale reposait sur l'observation et l'expérience. On voyait ce qui marchait, ce qui rendait fort, ce qui permettait de durer. Il n'y avait pas de théories abstraites, seulement la réalité du corps en action. En revenant à cette alimentation aujourd'hui, je ne fais pas une découverte scientifique, je fais un acte de mémoire. Je reconnais que nos ancêtres avaient trouvé, par la force des choses, le mode d'emploi optimal de la machine humaine. La science ne fait que confirmer ce que la côte sait depuis toujours.
L'évidence du produit
La logique de la côte était d'une simplicité désarmante : on mange ce que l'on a. Et ce que nous avions, c'était du poisson en abondance. Le poisson était la base, le socle de chaque repas. Les céréales comme le riz ou le blé étaient rares, chères, et souvent réservées aux grandes occasions. On ne se privait pas de glucides par idéologie, on s'en passait par nécessité. Et cette nécessité a forgé des corps robustes et des esprits clairs. La santé était la conséquence naturelle d'une alimentation dictée par le territoire.
Cette logique du produit brut est ce qui nous manque le plus aujourd'hui. Nous sommes perdus dans un océan de choix artificiels, oubliant que la réponse est juste là, devant nous. Le poisson grillé avec un filet d'huile d'olive n'est pas une 'recette low-carb', c'est le repas universel de la côte. C'est l'expression la plus pure de notre environnement. En retrouvant cette logique, nous retrouvons notre place dans le monde. Nous cessons d'être des consommateurs pour redevenir des êtres vivants, connectés à leur source.
L'héritage des anciens
Quand je regarde les anciens de mon village, je vois la santé incarnée. Ils ont quatre-vingts ans, mais ils marchent encore d'un pas ferme, ils ont le regard vif et une énergie qui ne semble jamais s'épuiser. Ils n'ont jamais suivi de régime, ils n'ont jamais compté leurs calories. Ils ont simplement mangé comme la côte l'exigeait. Leur santé n'est pas un miracle, c'est le résultat d'une vie entière passée à respecter les lois de la nature. Ils sont les témoins vivants d'une vérité que nous avons trop longtemps ignorée.
Leur exemple est ma plus grande source d'inspiration. À 35 ans, je ne veux pas seulement être 'mince' ou 'en forme', je veux cette force durable, cette clarté qui traverse les décennies. Je veux vieillir comme eux, avec dignité et vitalité. Pour cela, je dois suivre leur chemin. Je dois manger ce qui est vrai, ce qui est dense, ce qui est vivant. La santé n'est pas un concept que l'on achète, c'est un héritage que l'on cultive chaque jour à table. Les anciens nous ont montré la voie, il nous suffit de ne pas l'oublier.
Honorer ses racines
Aujourd'hui, le monde redécouvre le bas-carb comme une nouveauté révolutionnaire. On en parle dans les podcasts, on écrit des livres dessus. Mais pour moi, c'est une redécouverte digne de mes propres racines. C'est une reconnaissance tardive de la valeur de notre culture côtière. Je ne me sens pas comme une adepte d'une nouvelle mode, mais comme une fille qui rentre à la maison après un long voyage. Je retrouve les saveurs, les gestes et les sensations qui ont bercé mon enfance. C'est un retour à l'essentiel.
Je peux dire à mes enfants, avec une fierté immense : 'C'est ainsi que votre arrière-grand-mère cuisinait'. Cette phrase les ancre dans une réalité solide, loin des modes passagères. Elle leur donne une boussole pour leur propre vie. La tradition n'est pas un poids, c'est une force qui nous porte. En honorant nos racines, nous nous donnons les moyens de grandir vers la lumière. La côte portugaise a toujours su ce qui était bon pour l'homme. Il est temps de l'écouter à nouveau, avec respect et gratitude.
La sagesse du sel
L'alimentation bas-carb n'est pas une invention moderne, c'est la sagesse millénaire de ceux qui vivent au rythme de la mer et de la terre.
Je vous invite à regarder au-delà des étiquettes et des théories. Cherchez la vérité dans le produit brut, dans la tradition, dans l'exemple de ceux qui nous ont précédés. Retrouvez cette santé simple et robuste qui ne demande qu'à s'exprimer. Ne craignez pas de revenir aux bases, c'est là que se trouve la véritable innovation. La table est le lieu de cette réconciliation avec nous-mêmes. ¡Bom apetite e viva a sabedoria antiga!