Avant les régimes, le climat
Irina Volkov
Irina Volkov
Publié le 9 juillet 2023
3 805 vues
★★★★★ 4.8

Avant les régimes, le climat

La loi du sol

Avant que les nutritionnistes ne commencent à débattre des ratios de macronutriments, le climat russe avait déjà tranché. C'est ce que j'appelle le déterminisme géographique : la loi implacable du sol et du ciel. En Russie, il fait froid, très froid, pendant très longtemps. Cette réalité physique dicte tout. On ne cultive pas de riz, de maïs ou de canne à sucre dans la toundra. On cultive peu, et on cultive ce qui résiste. Par conséquent, on mange ce que l'on peut élever ou chasser. La géographie a décidé de notre régime bien avant que la mode ne s'en mêle.

Cette contrainte n'était pas une punition, c'était une direction. Elle nous a forcés à nous concentrer sur les sources d'énergie les plus denses et les plus stables : les graisses animales et les protéines. Notre cuisine traditionnelle est le reflet exact de notre environnement. Elle est brute, directe et sans fioritures. À 46 ans, je réalise que cette contrainte géographique était en fait une bénédiction métabolique. Elle nous a protégés des dérives de l'abondance artificielle pendant des siècles.

La cuisine de la force

Le résultat inévitable de ce climat est une cuisine de la force. Viande grasse, poissons des rivières froides, laitages fermentés, graisses animales denses. C'est une alimentation qui, par la force des choses, est naturellement bas-carb. Historiquement, les céréales étaient rares et précieuses, souvent réservées à la survie ou à des usages spécifiques. Le sucre pur était inexistant. Nous mangions ce qui nous permettait de rester debout face au vent du Nord. C'était une diététique de l'action, pas de la spéculation.

Cette cuisine n'était pas un choix 'santé' au sens moderne, c'était la seule option pour ne pas mourir de froid. Mais elle a eu un effet secondaire majeur : elle a maintenu notre métabolisme dans un état de vigilance et d'efficacité remarquable. Nous n'avions pas les maladies de civilisation liées au sucre car nous n'avions pas de sucre. Notre force venait de notre alignement forcé sur les lois de la nature. C'est cette force que je cherche à retrouver aujourd'hui, en éliminant les pollutions modernes de ma table.

L'adaptation génétique

Une population qui mange ainsi pendant mille ans ne reste pas inchangée. Elle s'adapte. C'est l'effet accumulé de la sélection naturelle. Nos gènes portent la mémoire de cette alimentation dense et grasse. Notre système enzymatique, notre réponse hormonale, notre gestion de l'énergie sont calibrés pour ce type de carburant. Nous sommes, génétiquement, des brûleurs de graisses. Quand nous essayons de manger comme des habitants des tropiques, gorgés de fruits sucrés et de céréales, nous créons un conflit interne violent. Nous trahissons notre propre biologie.

Cette compréhension change tout. Manger bas-carb n'est pas pour moi une expérience exotique ou une mode californienne. C'est un retour à la maison. C'est l'alignement de mes choix actuels sur mon héritage génétique profond. C'est pour cela que les résultats sont si rapides et si spectaculaires. Mon corps reconnaît ce carburant. Il sait quoi en faire. Il ne lutte plus, il collabore. La santé devient alors un état naturel, et non plus un combat permanent contre ses propres instincts.

L'incarnation de l'héritage

Quand j'applique les principes du bas-carb aujourd'hui, je ne fais pas une révolution, je poursuis une tradition. C'est une continuation naturelle, une incarnation moderne de ce qui a toujours été. Je ne cherche pas à inventer une nouvelle manière de manger, je cherche à retrouver la justesse de la manière ancienne. En éliminant le sucre et les farines, je ne fais que nettoyer le miroir pour que mon héritage puisse à nouveau s'y refléter clairement. C'est un acte de respect envers mes ancêtres et envers ma propre nature.

À 46 ans, je me sens en parfaite harmonie avec mon climat et mon histoire. Ma cuisine est sobre, précise et redoutablement efficace. Elle est le fruit d'une longue lignée de survivants qui savaient que la force vient de la terre et du gras. Je ne suis plus perdue dans la confusion des conseils nutritionnels contradictoires. J'ai ma boussole : elle indique le Nord. La clarté est dans l'alignement. Ma santé est la preuve que la géographie a toujours raison.

La vérité du climat

Le climat russe a forgé une cuisine de la force qui reste, aujourd'hui encore, le modèle le plus efficace pour notre santé métabolique.

Je vous invite à réfléchir à votre propre héritage géographique. D'où venez-vous ? Que mangeaient vos ancêtres pour survivre ? Ne cherchez pas la vérité dans les dernières tendances, cherchez-la dans votre propre histoire biologique. Alignez votre assiette sur vos gènes et observez la transformation. La santé est une question de racines. ¡Priyatnogo appetita e viva a verdade du clima!

Recettes du chef Irina Volkov

Chou braise vinaigre graines
Chou braise vinaigre graines

Chou braisé longuement au vinaigre et aux graines (carvi ou cumin), garniture chaleureuse inspirée des traditions de l'Est.

Soupe russe légère au chou
Soupe russe légère au chou

Bouillon léger de chou, carottes et herbes, inspiré des potages russes et adapté à un régime pauvre en glucides.

Brownie avocat-cacao sans sucre
Brownie avocat-cacao sans sucre

Brownie fondant réalisé avec avocat et cacao, édulcoré sans sucre ajouté; riche en lipides sains et faible en glucides.

Irina Volkov Russia

Chef Irina Volkov

Russie

Russe moderne

Des assiettes axées sur les légumes-racines et des techniques de cuisson lentes raffinées adaptées aux besoins faibles en glucides.