Historiquement
Historiquement, la cuisine maori était d'une simplicité et d'une efficacité redoutables. Elle se composait de protéines marines (poisson, anguille, fruits de mer, oiseaux de mer), de légumes terrestres (légumes feuilles, racines sauvages non féculentes comme le pua, champignons), et de graisses naturelles (poisson gras, moelle, graisses d'oiseaux). C'était une alimentation dictée par le territoire, sans aucun apport extérieur. C'était notre force, notre Mana, notre survie.
C'était équilibré. C'était complet. C'était sans débat. Personne ne se demandait s'il fallait manger plus de glucides ou moins de gras. On mangeait ce qui était là, ce qui était frais, ce qui était vivant. Le corps recevait tout ce dont il avait besoin pour construire des muscles puissants, des os solides et un esprit clair. Cette harmonie avec l'environnement était la base de notre santé collective.
Pas de sucre raffiné
Pas de sucre raffiné. Pas d'amidons forts. Pas de dépendance à des grains qui demandent une agriculture intensive et épuisante. Le sucre n'existait pas dans notre monde avant l'arrivée des Européens. Notre palais était éduqué à la subtilité des saveurs naturelles : l'amertume des herbes, le sel de l'océan, la douceur discrète de certaines racines. Nous n'avions pas besoin de l'explosion artificielle du glucose pour nous sentir satisfaits.
Juste ce qui était accessible : la mer, la terre, le feu. C'était une économie de moyens qui produisait une richesse de santé. En refusant les calories vides, nous préservions notre intégrité métabolique. Le diabète, l'obésité, les maladies inflammatoires... tout cela nous était inconnu. Nous étions des êtres de mouvement et de clarté, portés par une nourriture qui respectait notre biologie profonde.
Métabolisme adapté à la terre
Les peuples maori avaient des métabolismes parfaitement adaptés à cette géographie exigeante. Forts, clairs, durables. Capables de jeûner pendant les périodes de disette, capables de fournir des efforts explosifs lors des chasses ou des combats. Notre corps était une machine de précision, alimentée par des graisses et des protéines de haute qualité. Nous n'avions pas besoin de manger toutes les trois heures pour maintenir notre énergie.
C'était une adaptation vivante au territoire. Le froid des montagnes, l'humidité des forêts, la force des courants marins... tout cela demandait une résilience que seul un métabolisme efficace pouvait offrir. En mangeant ce que la terre donnait, nous devenions la terre. Notre santé n'était pas un concept abstrait, c'était notre capacité à interagir with notre milieu. La clarté mentale était le fruit de cette stabilité physique.
L'école m'a dit
À l'école, quand j'étais jeune, on m'a dit que notre alimentation traditionnelle était 'insuffisante'. On m'a appris que j'avais besoin de pain pour l'énergie, de riz pour la satiété, de sucre pour le cerveau. On a essayé de nous faire croire que la modernité alimentaire était un progrès, une libération. On nous a imposé des modèles venus d'ailleurs, déconnectés de nos racines et de notre climat. On a remplacé le Mana par le marketing.
Mes ancêtres avaient tout ça sans ça. Ils n'avaient pas besoin de céréales pour être intelligents, ni de sucre pour être endurants. Ils étaient les maîtres de la navigation, de l'astronomie, de la poésie et de la guerre. Leur cerveau fonctionnait parfaitement with des corps cétoniques et une glycémie stable. L'école s'est trompée, car elle a confondu la technologie with la sagesse. Aujourd'hui, je rejette ces mensonges pour retrouver ma vérité.
Reconnaissance adulte
À 45 ans, je reconnais enfin : que la cuisine maori n'avait jamais besoin d'amélioration. Elle était scientifiquement juste, métaboliquement sage, spirituellement profonde. Elle était le résultat de millénaires d'observation et d'expérimentation. En revenant à ces principes, je ne fais pas un retour en arrière, je fais un saut vers la santé véritable. Je réclame mon héritage nutritionnel comme un acte de souveraineté.
Le sucre n'était pas absent par hasard. Il était absent par intuition, par respect pour l'équilibre fragile de la vie. Nos ancêtres savaient que ce qui est trop doux finit par affaiblir, que ce qui est trop facile finit par corrompre. Ils préféraient la force de l'anguille et la rigueur de la fougère. Cette austérité choisie était la source de leur puissance. La clarté est le prix de cette exigence.
Retour conscient
Revenir à manger maori, c'est un retour à soi-même. À ce qui marche, à ce qui dure sans effort, à ce qui a du sens. C'est arrêter de lutter contre sa propre nature pour enfin l'embrasser. Ma cuisine est aujourd'hui un espace de réconciliation, où les techniques modernes servent à sublimer les produits de toujours. Je ne suis plus une consommatrice égarée, je suis une femme de la terre qui se nourrit de sa propre histoire.
C'est pas un régime. C'est une reconnaissance. C'est dire 'oui' à qui nous sommes et 'non' à ce qui nous détruit. C'est retrouver le Mana dans chaque repas, la fierté dans chaque bouchée. La cuisine maori est vivante, elle est en moi, elle est mon avenir. La santé est un voyage qui commence par un retour aux sources. ¡Zhu ni hao wei kou e viva a sabedoria real!