En Nouvelle-Zélande
Ici en Nouvelle-Zélande, les saisons changent de manière spectaculaire. On vit with ça, au rythme des vents du sud et des marées changeantes. Pas contre la nature, mais with elle. C'est une leçon d'humilité que le territoire nous impose : nous ne sommes pas les maîtres du temps, nous en sommes les passagers. En acceptant ce rythme, nous trouvons une paix que l'agitation moderne essaie de nous voler. La saisonnalité est la respiration de la terre.
Dans cette optique, c'est une sagesse maori fondamentale : que chaque saison offre exactement ce qu'il faut au corps pour s'adapter. La nature ne fait pas d'erreur. Elle nous donne de la fraîcheur quand il fait chaud, de la densité quand il fait froid, de la clarté quand il faut agir. En mangeant ce qui pousse et ce qui nage ici et maintenant, nous synchronisons notre horloge interne with celle du monde. La santé est le résultat de cet alignement parfait.
Printemps léger
Le printemps (septembre-novembre) est le temps du renouveau. Les poissons sont plus maigres, les herbes fraîches envahissent les sous-bois, les artichauts sauvages pointent le bout de leur nez. C'est le moment où la terre se réveille et nous invite à faire de même. On délaisse les graisses lourdes de l'hiver pour des saveurs plus vives, plus acides, plus légères. C'est une détoxification naturelle, sans effort, simplement par le choix des produits.
C'est bas-carb naturellement. C'est quand l'énergie doit être légère après la torpeur de l'hiver. On mange des légumes feuilles tendres, des pousses de fougères, des poissons blancs grillés. On sent la sève monter en nous, la clarté revenir dans nos esprits. Le printemps nous prépare à l'action, il nous allège pour que nous puissions courir plus vite et voir plus loin. C'est la saison de l'espoir et de la vitalité retrouvée.
Été brillant
L'été est une explosion de générosité. Les fruits de mer sont abondants — huîtres charnues, moules vertes géantes, poulpes tendres. Les poissons gras comme le maquereau sont à leur apogée. Les jardins débordent de tomates gorgées de soleil et de courgettes croquantes. C'est le temps de la fête, du partage autour du feu sur la plage. On mange with les doigts, on savoure le sel sur notre peau, on célèbre la vie dans toute sa splendeur.
Encore bas-carb. Encore parfait. On n'a pas besoin de sucre pour apprécier l'été. La douceur naturelle d'une tomate mûre ou la richesse d'une huître fraîche suffisent amplement. L'énergie est rayonnante, stable, inépuisable. On passe nos journées dans l'eau ou dans la forêt, portés par une nutrition qui nous donne de la force sans nous alourdir. L'été est la saison de la plénitude, où chaque repas est une action de grâce.
Automne dense
L'automne (mars-mai) apporte une autre forme de richesse. Les poissons gras comme le saumon ou l'anguille fumée deviennent les rois de la table. Les noix tombent des arbres, les légumes racines non féculents offrent leur densité minérale. C'est le moment où la lumière baisse et où le corps commence à se préparer pour le froid. On cherche des saveurs plus profondes, plus terreuses, plus réconfortantes. C'est une transition douce vers l'intériorité.
C'est quand l'énergie doit s'accumuler pour l'hiver qui arrive. On ne stocke pas du sucre, on stocke des graisses saines et des nutriments essentiels. On renforce nos défenses, on stabilise notre métabolisme. L'automne nous apprend la prévoyance et le respect des cycles. En mangeant dense, nous nous assurons une stabilité émotionnelle et physique pour les mois sombres. C'est la saison de la récolte et de la gratitude réfléchie.
Hiver stable
L'hiver est le temps de la conservation et de la force tranquille. On mange les poissons stockés et fumés, les graisses concentrées, les bouillons riches. C'est le moment du Hangi, de la cuisson lente dans la terre qui réchauffe les coeurs et les corps. On se rassemble, on raconte des histoires, on honore nos ancêtres. La nourriture est simple, robuste, sans artifice. Elle nous donne la chaleur interne nécessaire pour affronter les vents du sud.
Zéro sucre. Zéro dépendance. Juste : durer. L'hiver est le test ultime de notre résilience métabolique. Si nous avons bien mangé pendant l'année, notre corps sait comment utiliser ses réserves. On ne craint pas le froid, on l'habite. La stabilité est notre bouclier. À 45 ans, je n'ai jamais eu aussi peu peur de l'hiver, car je sais que mon corps est une forteresse de santé, alimentée par la sagesse de la terre. La clarté est dans le silence de la neige.
Corps intelligent
Le corps s'adapte d'année en année, with une intelligence qui nous dépasse. Mon métabolisme sait quand l'hiver arrive, il ajuste ses hormones, il concentre les gras, il stabilise la glycémie. Il prépare le terrain sans que j'aie besoin d'y penser. C'est une collaboration silencieuse entre mes gènes et mon environnement. En respectant la saisonnalité, je donne à mon corps les signaux dont il a besoin pour fonctionner de manière optimale.
Ce n'est pas conscient, c'est génétique. C'est la mémoire ancienne de mon peuple qui s'exprime à travers moi. Nous avons survécu pendant des siècles grâce à cette capacité d'adaptation. Aujourd'hui, je ne fais que redonner à mon corps son langage originel. La santé n'est pas une lutte contre la nature, c'est une danse with elle. Plus je vieillis, plus je réalise que la véritable intelligence est celle de la vie elle-même.
Sagesse des saisons
C'est ça : que manger saisonnier, c'est écouter la voix de la terre. Ce n'est pas une restriction, c'est un alignement. C'est accepter que nous ne sommes pas les mêmes en été qu'en hiver, et que c'est une bonne chose. La diversité des saisons crée la richesse de notre santé. En variant nos apports selon le cycle naturel, nous évitons les carences et les excès. Nous restons vivants, mobiles, clairs.
C'est précisément là que quand tu t'alignes with la saison, ton énergie est stable. Ta glycémie est stable. Ton esprit est calme. C'est la terre qui décide, et la terre sait ce qui est bon pour nous. Ma cuisine est un hommage à ce savoir, une célébration de chaque instant. Je ne cherche plus à manger des fraises en hiver ou du poisson gras en plein printemps. Je mange ce qui est là, et ce qui est là est parfait. ¡Zhu ni hao wei kou e viva as estações reais!